Robert Krieps (1922-1990)

Robert Krieps naquit le 16 octobre 1922 à Dalheim. Son père Adolphe (1882-1950) fut militant socialiste et député jusqu’en 1945.

Pendant la deuxième guerre mondiale, encore lycéen, il fut emprisonné au Grund et à Hinzert par les nazis, puis envoyé aux camps de concentration de Natzweiler-Struthof et de Dachau où était également emprisonné son père. Il resta jusqu’à la fin de sa vie très proche des milieux de la Résistance et des associations d’anciens détenus concentrationnaires.
Après la guerre, il termina ses études et devint avocat, profession qu’il exerça sa vie durant.
Il s’engagea très tôt dans le parti socialiste et n’hésita pas à occuper des postes au sein de l’appareil du parti.

Il fut en 1952 secrétaire de la commission de contrôle, puis en 1955 membre du comité-directeur, et n’allait plus désormais, sauf quelques intermittences, quitter les sphères dirigeantes du POSL. Ainsi, on le retrouve vice-président du parti à plusieurs reprises à partir de 1970 (il avait été candidat à la présidence, contre Cravatte, en 1969), enfin président du parti de 1980 à 1984.

Tout au long de ces années, il n’a cessé d’oeuvrer pour renforcer le parti, et en 1970, en pleine crise, il a fait circuler un appel pour sauvegarder l’unité du parti.

Dans les années de rénovation idéologique de 1971 à 1974, Robert Krieps essaya d’intégrer, à côté des problèmes sociaux, les problèmes de société – l’enseignement, la culture, l’épanouissement de l’individu, l’égalité des sexes, l’écologie – dans le programme d’un POSL qu’il voulut moderne, au diapason de l’époque.

Il fut aussi président de la Ligue de l’Enseignement et contribua à fonder le Planning familial.
En 1972, il commença à appeler publiquement de ses voeux une coalition de centre-gauche qui allait effectivement voir le jour après l’échec électoral du PCS en 1974 et le (relatif) succès du POSL qui renaissait de ses cendres quatre années après la plus grave crise de son existence.

Robert Krieps qui avait été député de 1964 à 1968, président du groupe parlementaire en 1968, ne fut plus réélu en 1968, mais retrouva son siège en 1974, puis en 1979 et en 1984.
Aux élections communales de 1981, il fut candidat tête de liste du POSL dans la capitale, et conseiller communal de 1982 à 1984 après l’avoir été également de 1964 à 1974.
Il fut ministre de 1974 à 1979, dans le gouvernement Thorn-Vouel, puis de 1984 à 1989, dans le premier gouvernement Santer-Poos.

De 1974-79 il était responsable de l’éducation nationale et de la justice.
Dans la coalition de centre-gauche de 1974 à 1979, il abolit la peine de mort, mit en oeuvre la réforme de l’exécution des peines, vivement combattue par le PCS et le «Luxemburger Wort», engagea de nombreuses réformes juridiques qui modernisèrent la société luxembourgeoise.

La politique de l’éducation qu’il engagea ensemble avec le secrétaire d’Etat Guy Linster suscita des critiques massives de la part des conservateurs. Essayant de moderniser l’enseignement, il développa l’enseignement technique, poussa la recherche pédagogique, essaya de réduire les échecs et d’ouvrir l’enseignement secondaire.
De 1984 à 1989, il a été le premier ministre responsable de l’environnement du grand-duché, créant les instruments nécessaires à une prise en compte sérieuse de l´ écologie dans la politique globale. Il a été également le premier ministre des affaires culturelles à vouloir démocratiser la culture, à moderniser les instituts culturels et à augmenter le soutien public aux inititiatives privées dans ce domaine.

Il fut réélu en 1989, après avoir voulu un moment se retirer, mais opta pour le Parlement européen où il fut membre de la commission de la culture ainsi que de la commission juridique, vice-président du groupe socialiste.

Il décéda le 1er août 1990.

[extrait de B. Fayot/S. Hoffmann/J. Maas/R. Steil, 100 Joër Sozialistesch Deputéiert an der Lëtzebuerger Chamber, Luxembourg 1997]