Le Congo belge, « cette colonie qui nous appartient un peu »

Il y a dix ans, en 2010, Régis Moes, alors étudiant en histoire à l’ULB, puis à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, aujourd’hui conservateur au Musée national d’Histoire et d’Art, a remporté le prix du meilleur mémoire de master de la Fondation Robert Krieps avec son mémoire de master sur le Luxembourg et le Congo belge sous le titre évocateur : Cette colonie qui nous appartient un peu.

Édité en 2012 par la Fondation Robert Krieps, ce livre est devenu la référence incontournable de la présence luxembourgeoise au Congo ex-belge de 1920 à 1960.

Fort de plus de 400 pages, illustré, l’ouvrage retrace un aspect peu thématisé par l’historiographie luxembourgeoise. Avec l’appui bienveillant des autorités publiques du Grand-Duché de nombreux Luxembourgeois ont participé pendant toute cette période à l’action « civilisatrice » du royaume de Belgique en Afrique, c’est-à-dire à l’exploitation forcené du Congo belge. Cette présence qui en a fait la « colonie inavouée » du Luxembourg a commencé surtout avec la signature de l’Union économique belgo-luxembourgeoise en 1921. Les droits de douane entre le Luxembourg et le Congo ont alors été abolis. La fonction publique au Congo a été ouverte aux ressortissants luxembourgeois. Jusqu’à l’indépendance du Congo en 1960, de nombreux Luxembourgeois y vécurent et y travaillèrent dans un environnement colonial. De la sorte, la part prise par le Grand-Duché au colonialisme a été réelle et effective.

À une époque où le colonialisme est farouchement mis en cause, à travers l’esclavage, le racisme, les exactions des colonisateurs et le pillage des ressources naturelles du continent africain, ce livre qui n’a pas pris une ride, est plus actuel que jamais. Épuisé, il a été réimprimé parce que la demande est réelle dans notre pays de mieux connaître le colonialisme luxembourgeois en Afrique.

Il est vendu au prix de 35 EUR dans les librairies du pays.